Mona Luna s’installe à la Cité de l’espace

Mona Luna s’installe à la Cité de l’espace

Avant de fouler le sol lunaire, Mona Luna s’offre une première escale à la Cité de l’espace. Le rover européen de Venturi Space, en cours de développement à Toulouse, est désormais visible du grand public, en taille réelle.

Ce mardi 31 mars, dans le Pavillon des expositions de la Cité de l’espace, les regards convergent vers un même point. Les invités s’approchent au plus près d’une réplique imposante, s’arrêtent, reculent pour en saisir les proportions, puis reviennent presque au contact, les mains instinctivement levées pour mesurer dans le vide le diamètre des roues. 750 kilos, 2,5 mètres de long : le rover Mona Luna, développé par Venturi Space, n’a manifestement pas l’intention de passer inaperçu. Surtout pas le jour de l’inauguration de sa réplique à la Cité de l’espace !

Un partenariat au service du grand public 

C’est dans le cadre du partenariat officiel signé en juin 2025 entre la Cité de l’espace et Venturi Space, entreprise européenne pionnière de la mobilité lunaire, que la maquette taille réelle de Mona Luna a pris ses quartiers sur le site. Pour Gildo Pastor, président de Venturi Space, l’aventure de Mona Luna s’inscrit dans une logique de longue haleine : « Depuis plus de 25 ans, nous explorons des territoires où les solutions n’existent pas encore. Ce projet s’inscrit pleinement dans cette démarche de pionnier : identifier un besoin, imaginer une réponse nouvelle et la confronter à la réalité. Voir aujourd’hui nos technologies contribuer à façonner les futures missions lunaires est une source de fierté. L’exploration a toujours progressé grâce à l’audace, et c’est cet esprit qui anime Venturi Space. »

Un état d’esprit qui résonne naturellement avec la vocation de la Cité de l’espace. Arnaud Mounier, son directeur général, voit dans ce partenariat et l’exposition de Mona Luna la concrétisation d’un engagement partagé : « À la Cité de l’espace, nous rendons l’aventure spatiale accessible à tous à travers des expériences immersives et l’exposition d’objets authentiques ou de maquettes en taille réelle. Le partenariat noué avec Venturi Space illustre cette volonté (…) Avec ce nouvel objet spatial taille réelle, nous offrons aux visiteurs la possibilité de découvrir les innovations qui accompagnent les futures étapes de l’exploration lunaire. »

Pour Jean-François Clervoy, astronaute, ambassadeur de Venturi Space et ami de longue date de la Cité de l’espace, présent ce jour-là, Mona Luna touche à quelque chose d’essentiel : « Le grand problème de la communication au sujet de l’espace, c’est que pour le grand public, l’espace qui se passe au-dessus des nuages, c’est impalpable. Là, à la Cité de l’espace, on voit des choses représentatives de vaisseaux spatiaux qui ont volé, qui sont en cours de vol, ou qui vont voler bientôt comme ce rover. C’est palpable. »

Les équipes de Venturi Space et de la Cité de l’espace, ensemble pour l’inauguration de la réplique de Mona Luna à la Cité de l’espace

Pour le visiteur, c’est l’opportunité de voir les innovations qui portent l’exploration spatiale et de comprendre les défis relevés par les missions lunaires. Ce nouvel invité enrichit naturellement l’offre déjà unique de la Cité de l’espace, entre LuneXplorer, Pierre de Lune et exposition Lune – Épisode II.    

Au-delà de la prouesse technique, Arnaud Mounier pointe d’ailleurs une autre dimension, plus inattendue : « Ce rover est très beau. Et parce qu’il est dans un écrin lunaire réaliste, il permet aux visiteurs de se projeter en imaginant vraiment ce que donne, en situation réelle, un rover sur la Lune. »

EN SAVOIR +

Les rovers et robots explorateurs de la Cité de l’espace

Sora-Q, confié à la Cité de l’espace par la JAXA

Mona Luna devient le 29e objet en taille réelle de la Cité de l’espace. Une stratégie au cœur de l’ADN du lieu : rendre le spatial tangible, concret, accessible à tous. Car face à un objet grandeur nature, plus besoin d’imaginer. On comprend, on mesure, on ressent. La Cité de l’espace abrite déjà une belle collection de rovers et de robots explorateurs en taille réelle : le rover chinois Chang’e 4, les répliques animées de Perseverance, Zhurong et Ingenuity sur le Terrain Martien, et, depuis mars 2025, le minuscule Sora-Q prêté par la JAXA, l’agence spatiale japonaise, pas plus grand qu’une balle de base-ball.

Mona Luna, lui, s’inscrit dans une autre dimension : c’est un rover du futur, en cours de développement ici même à Toulouse, qui pourrait fouler le sol lunaire avant 2030.

Un rover 100 % européen

Développée pour répondre aux ambitions de l’Agence spatiale européenne (ESA) et du CNES, Mona Luna est une technologie entièrement européenne destinée à opérer au pôle Sud de la Lune. Transportée par Ariane 6.4 et déposées via l’atterrisseur Argonaut, ses missions seront d’explorer la surface lunaire, de mener des activités scientifiques et de transporter des charges utiles, grâce notamment à des roues hyper-déformables résistant à des écarts de température de 400 °C.

En décembre 2025, le véhicule a validé ses premiers roulages au centre LUNA de l’ESA à Cologne ; en février 2026, l’ESA a officialisé un contrat d’étude portant sur ses technologies clés.

Xavier Chevrin, une boucle bouclée

Il y a une histoire dans cette inauguration à la Cité de l’espace que peu de visiteurs connaissent. Xavier Chevrin, directeur de Venturi Space France, a foulé ces mêmes couloirs 25 ans plus tôt. En 1998, il travaillait à la Cité de l’espace, à diffuser l’information spatiale auprès du public, à cheval entre les pôles pédagogique et vulgarisation spatiale. Ce mardi 31 mars, il y revenait pour y installer le rover de son entreprise.

« C’est une sorte de boucle bouclée, avec comme cœur la Cité de l’espace », confie-t-il. Quand Venturi cherchait où présenter Mona Luna au grand public, la réponse lui a semblé évidente : « La France, Toulouse, et la Cité de l’espace. Ça me paraissait être un entonnoir logique. » Et d’ajouter : « Il y a eu un effort constant pour que la Cité de l’espace soit toujours attrayante, toujours à la pointe. C’est un endroit unique. »