Allo Sophie ? Ici la Cité de l’espace
400 kilomètres d’altitude, 8 kilomètres par seconde : c’est la vitesse à laquelle filait l’astronaute française Sophie Adenot le 22 juillet 2026, pendant qu’elle répondait en direct à un panel de questions. À la demande de l’Agence spatiale européenne (ESA), la Cité de l’espace proposait un rendez-vous rare : un inflight call. Plus de 1700 visiteurs ont suivi à Toulouse cet échange coordonné par la Cité de l’espace et partagé avec trois autres établissements de culture scientifique européens en Allemagne, Finlande et Portugal.
Un inflight call, comment ça se passe ? Le principe : un échange en direct avec un astronaute, présent dans l’espace, organisé pour le grand public. Le 22 juillet 2026, c’est avec Sophie Adenot, l’astronaute française de l’Agence spatiale européenne (ESA) actuellement à bord de la Station spatiale internationale (ISS), qu’était organisé par la Cité de l’espace, à la demande de l’ESA, un de ces moments privilégiés. Pendant 20 minutes, plus de 1700 visiteurs ont pu partager cet échange diffusé sur l’ensemble de ses écrans, du hall d’entrée jusqu’à la salle IMAX®. Trois autres établissements suivaient le jeu de questions-réponses en parallèle : le Heureka Science Center à Helsinki, l’Universum à Brême et le Pavilhão do Conhecimento à Lisbonne.
Pour Didier Schmitt, responsable de la préparation du futur pour l’exploration humaine et robotique à l’ESA, le choix de la Cité de l’espace comme « hub » de cette rencontre coulait de source : « la Cité de l’espace est un des plus grands, voire le plus grand centre qui traite du domaine en Europe », justifie-t-il, rappelant que l’agence travaille avec elle depuis de nombreuses années.
Commentaires d’experts
Comme à son habitude, la Cité de l’espace avait rassemblé en amont de la liaison, quatre experts qui se sont succédé sur scène pour rappeler les grandes lignes de la mission εpsilon de Sophie Adenot : Didier Schmitt (ESA), Emmanuel Thulliez chef de projet, manager vols habités en exploitation au CADMOS (CNES), Robin Figuière, ingénieur chez Comat et Pascal Schneider-Maunoury de la direction Développement des marques d’Andros, tous impliqués dans la mission εpsilon et partenaires de l’exposition qui lui est consacrée actuellement à la Cité de l’espace.

Dans la salle, des représentants du CNES, de l’IRAP, de l’ESA et même du Stade Toulousain étaient présents, à l’instar de nombreux passionnés d’espace.
Un quotidien raconté en direct
Et puis c’est au tour de Sophie Adenot d’apparaître. Elle répond parfois tête en bas, parfois à l’horizontale, avec le même naturel que si elle était assise à une table. Difficile d’oublier, en la regardant flotter au fil de ses réponses, qu’elle file à 400 kilomètres au-dessus de Toulouse.
Le sommeil accrochée au mur, la promiscuité avec le reste de l’équipage, le goût de l’eau recyclée, l’anniversaire fêté en orbite, la vocation née à 14 ans : les thèmes ont défilé tout au long de l’échange. Trop vite d’ailleurs pour certains qui auraient voulu le prolonger. (Retrouvez plus de détails ICI)

Pour Emmanuel Thuillez, du CNES, ce format répond à un objectif plus large que le seul moment de direct : « Ça permet de démocratiser la science. »
Pari gagné à entendre les commentaires des jeunes comme des moins jeunes à la sortie de l’événement.
Un défi technique
Au-delà du plaisir indicible d’échanger avec un astronaute en mission, cet inflight call a représenté selon l’équipe de régisseurs de la Cité de l’espace « un véritable défi technique ». Tant par le nombre de flux de communication à gérer que par la chorégraphie technique nécessaire pour alterner entre eux.
Organisé à la demande de l’ESA, avec le réseau ECSITE qui réunit les musées scientifiques européens, ce direct reposait en effet sur un dispositif que la Cité de l’espace faisait tourner pour la première fois à cette échelle. Six personnes ont travaillé sur sa dimension technique : quatre régisseurs de la Cité de l’espace – Marin Auvray, Dominique Souleille, Claire Rodier et Julien Bardo – rejoints par deux prestataires externes chargés des cabines de traduction et des trois interprètes mobilisés pour l’occasion.
« Trois canaux de diffusion fonctionnaient en simultané : une liaison avec Houston, chargée de la connexion avec l’ISS, une seconde avec les trois établissements européens partenaires, et un flux YouTube. La veille au soir, une quatrième liaison de secours, purement téléphonique, est venue s’ajouter au dispositif », détaillent Marin Auvray et Dominique Souleille.
Traduction et apnée
Côté traduction, trois interprètes se relayaient : l’un pour la voix de Christophe Chaffardon, directeur éducation, sciences et culture de la Cité de l’espace, qui posait les questions et animait les échanges, une autre pour celle de Sophie Adenot, et une troisième dédiée à une ligne directe avec la NASA, pour que l’agence américaine puisse suivre les réponses en français de l’astronaute.
Défi relevé, même si une microcoupure du son avec l’ISS, vers la dixième minute de l’échange, a plongé les équipes en apnée. La liaison est revenue presque immédiatement, sans que la salle ne s’en aperçoive.

Merci à tous ceux qui ont rendu possible ce formidable moment en apesanteur.
Cet inflight call était organisé avec la participation de l’ESA, du CNES et de la NASA – National Aeronautics and Space Administration, en collaboration avec le réseau ECSITE qui réunit les musées scientifiques européens, ainsi qu’avec le soutien de COMAT et ANDROS. Nos partenaires médias : franceinfo et Le Monde.