Sophie Adenot de retour sur Terre : un « splashdown » vécu en direct à la Cité de l’espace
Du décollage de Sophie Adenot en février 2026 à son retour sur Terre en octobre, la Cité de l’espace a accompagné pendant huit mois les grandes étapes de la mission εpsilon. Dernier rendez-vous en date : la retransmission en direct de son amerrissage, suivie par 200 personnes en présence de trois experts du CNES, du MEDES et de l’Agence spatiale européenne (ESA) impliqués dans la mission.
Jeudi 8 octobre 2026, 17h34. Après 237 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et plus de 25 heures de voyage retour, c’est le splashdown : la capsule SpaceX du Crew-12 amerrit dans le Pacifique. Dans la salle Véga de la Cité de l’espace, ils étaient 200, familles, groupes d’amis, partenaires, curieux et passionnés à applaudir devant les images de NASA TV.

Remorquage de la capsule, vérification de son innocuité, préparation des extérieurs… il faudra encore patienter près d’une heure avant de voir les astronautes sortir. Sophie Adenot apparaît en troisième position. Malgré la fatigue et les effets de huit mois dans l’espace, elle trouve la force d’adresser un petit signe à la caméra. Dans la salle, l’émotion et le soulagement sont palpables.
εpsilon : huit mois de rendez-vous avec le public
À la Cité de l’espace, le public a pu suivre la mission εpsilon dès le 6 février 2026 avec l’ouverture d’une exposition dédiée. Conçue avec l’ESA et le CNES, avec le soutien de COMAT et d’Andros et en partenariat avec franceinfo et Le Monde, elle permet aux visiteurs de découvrir, au fil des mois, le quotidien de Sophie Adenot, les expériences scientifiques qu’elle mène à bord de l’ISS et les professionnels qui l’entourent.

Une semaine plus tard, le 13 février, 3 241 personnes étaient réunies à la Cité de l’espace pour suivre son décollage. Une journée portes ouvertes exceptionnelle, partagée avec des experts du CNES, du CADMOS, du MEDES, de l’ESA, des partenaires et de nombreux médias dont BFM, l’AFP ou ICI Occitanie.

Le 22 juillet, autre temps fort : plus de 1 700 visiteurs ont assisté à un échange en direct avec Sophie Adenot depuis l’ISS. Organisé par la Cité de l’espace à la demande de l’ESA, cet inflight call était également partagé avec trois établissements de culture scientifique en Allemagne, en Finlande et au Portugal. Aux manettes, les équipes de la Cité de l’espace, pour un défi technique relevé avec brio.

Trois experts pour décrypter le retour sur Terre
Dans cette même volonté de rendre la culture scientifique accessible au plus grand nombre et de permettre au public d’échanger avec ceux qui font vivre l’aventure spatiale, le splashdown du 8 octobre a été commenté en direct par trois experts impliqués dans la mission εpsilon, aux côtés de Christophe Chaffardon, directeur éducation, science et culture de la Semeccel : Stephen Alamo, médecin de vol des astronautes (MEDES / ESA), Cécile Thévenot, responsable des expériences de physiologie en impesanteur au MEDES, et Jérôme Daniel, responsable des expériences en impesanteur au CNES.

Au fil des échanges, ils sont revenus sur les expériences scientifiques menées à bord de l’ISS, dont Physiotool ou EchoFinder, les trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées par Sophie Adenot et les conséquences d’un séjour aussi long dans l’espace sur le corps humain. Ils ont également expliqué l’intérêt de disposer d’une astronaute européenne à bord de l’ISS, au point d’avoir accéléré la préparation de certaines expériences afin qu’elles puissent être réalisées pendant la mission εpsilon.
Car si Sophie Adenot est revenue, la mission scientifique, elle, n’est pas tout à fait terminée. Les prochaines semaines permettront de poursuivre certaines expériences et de mieux comprendre notamment comment son organisme se réadapte à la gravité terrestre.
« Les plus grandes aventures sont toujours des aventures humaines », disait Sophie Adenot dans sa dernière vidéo avant de rentrer.
À la Cité de l’espace, on l’a vécue ensemble. Rendez-vous est déjà pris pour la suite !
INTERVIEW
Stephen Alamo : « Chaque mission reste une aventure humaine »

Pendant que les 200 spectateurs suivaient les images de NASA TV, Stephen Alamo avait aussi les yeux rivés sur ses deux téléphones. Médecin senior de la mission εpsilon, il suivait en parallèle les informations transmises par les équipes opérationnelles. Initialement attendu au centre de contrôle de Cologne, il a finalement vécu ce retour à la Cité de l’espace, au milieu du public. Il revient sur son rôle pendant la mission et sur l’intérêt de partager ces événements avec le public.
Vous deviez initialement suivre ce retour depuis le centre de contrôle de Cologne. Finalement, vous étiez à la Cité de l’espace, au milieu du public, tout en restant connecté aux équipes opérationnelles. Comment cela s’est-il passé ?
Le retour ayant été décalé, je n’étais plus disponible pour être à la console de Cologne. Un autre médecin m’y a remplacé, mais j’ai continué à suivre toutes les étapes de la désorbitation et de la rentrée atmosphérique depuis la Cité de l’espace.
Je suis médecin senior sur la mission de Sophie Adenot. C’est un rôle de coordination et de supervision. Deux médecins assurent le suivi opérationnel et je conserve une vision globale de la situation. Je peux apporter un conseil si quelque chose ne se déroule pas exactement comme prévu, ou faire le lien entre les médecins opérationnels, notre chef de service et les autorités de l’ESA.
Que pensez-vous de ces rendez-vous qui permettent au public de vivre en direct les grandes étapes d’une mission spatiale, en présence de ceux qui y ont participé ?
Je trouve ça incroyable ! On a tendance à s’habituer au vol spatial, comme si c’était devenu quelque chose de simple, de quotidien. Les systèmes se sont améliorés, la sécurité aussi, et tant mieux. C’est un peu comme l’avion : autrefois, prendre l’avion était une aventure. Aujourd’hui, on le prend pour voyager sans forcément y penser.
Mais on a tendance à oublier que le vol spatial reste risqué et que chaque mission est une aventure humaine. Je trouve donc très bien que des événements soient organisés pour en parler.
Le fait que la Cité de l’espace retransmette ces moments est génial parce qu’on ne reste pas chacun dans son coin. Les visiteurs peuvent rencontrer des personnes qui ont participé à cette aventure, regarder les images ensemble et poser leurs questions.
Je suis régulièrement sollicité par la Cité de l’espace pour intervenir auprès du public comme des médias, et j’apprécie la qualité de cette collaboration. À l’occasion du retour de Sophie Adenot, l’équipe de la Cité de l’espace a notamment assuré la centralisation des demandes d’interviews me concernant. Une organisation particulièrement appréciable, qui m’a permis de rester pleinement disponible pour suivre les opérations en parallèle.
Vous êtes particulièrement attaché à l’accès aux sciences pour tous. D’où vous vient cet intérêt pour la transmission scientifique ?
Cela remonte à mon enfance. Quand j’allais en vacances chez mon père à Paris, nous passions beaucoup de temps à la Cité des sciences. J’aurais pu y rester des jours entiers ! Mon père m’a ouvert à la curiosité scientifique.
Je suis très attaché à l’accès aux sciences pour le grand public. La science peut paraître abstraite et tout le monde n’a pas forcément un lien de proximité avec elle. Donner aux gens les outils pour comprendre, je trouve cela très important. C’est ce que fait la Cité de l’espace, comme la Cité des sciences et d’autres établissements.
Il y a aussi cette idée de faire rêver les enfants. Pour avancer, on a besoin d’exemples, de personnes qui nous inspirent. Et les astronautes participent à cela. J’ai beaucoup apprécié les Dimanches de la science de Sophie. Cette transmission fait partie intégrante de leur métier.